Table italienne attribuée à l’ébéniste Henry Thomas Peters (Windsor 1792- Gènes 1852)
Dessus rectangulaire en marqueterie de marbre formant un échantillonnage à effet de perspective chromatique et centré sur une micro mosaïque représentant une vue du Forum romain.
Bordure en marqueterie de différentes essences de bois cerclées de laiton.
Sur un piètement fortement sculpté de style néo Renaissance en acajou et placage d’acajou.
Gênes, Vers 1830-1840
H 76 cm L 85 cm P 61 cm
Les origines anglaises d’Henry Thomas Peters restent obscures, bien qu’il ait probablement débuté sa carrière en Angleterre. Arrivé à Gênes vers 1817, il établit dès 1824 un atelier Via Balbi, quartier où se trouvaient le Palais royal et d’autres demeures nobles. Aujourd’hui, certaines de ses œuvres sont conservées au Palazzo Rosso de Gênes et proviennent probablement de legs de diverses familles aristocratiques pour lesquelles il travaillait, notamment la famille Brignole Sale. Il s’est d’abord spécialisé dans l’acajou de style Régence, mais vers 1821-25, il fabriquait également des meubles en bois doré de style Empire. Son succès lui permit d’ouvrir une boutique au Palazzo Cambiaso, puis, comme le mentionne la Gazzetta du 14 février 1835, de s’installer au premier étage du Palazzo De Mari.
Entre 1836 et 1846, il fournit du mobilier à la Maison Royale de Savoie pour leurs palais de Turin, Gênes et Racconigi, notamment le mobilier du Palazzo Reale, et en particulier, en 1841, le mobilier pour le mariage du prince Victor-Emmanuel II.
En 1846, Peters et son vaste atelier remportèrent la médaille d’argent à l’Exposition dei Prodotti e delle Manifatture Nazionali.
Cette table est tout à fait typique de son travail et témoigne de la collaboration et de l’influence de l’architecte Pelagio Pelagi (1775-1860). Le goût moderne de Pelagi et la cour d’artisans et d’artistes qu’il dirigeait eurent en effet une forte influence sur Peters, notamment en l’aidant à se détacher de ce goût anglais qui le caractérisait en début de sa carrière, lui permettant ainsi d’explorer de nouvelles voies.
Le décor sculpté du piètement est en effet à rapprocher de nombreuses créations ou dessins de Pelagi notamment les hampes végétales au centre des pieds. Mais cette table se démarque par cette très belle marqueterie de marbres formant son dessus très certainement un travail romain de la même époque. L’effet de perspective chromatique est tout à fait original et permet une parfaite mise en valeur de la micro mosaïque centrale


